03 juillet 2008
Eastern promises
Voilà un film qui tient toutes ses promesses. N'étant pas un fan absolu de Cronenberg j'ai été bluffé par ce drame shakespearien où l'économie d'effets et la maitrise cinématographique s'ajoutent au jeu parfait des acteurs.

Viggo Mortensen y est extraordinaire en homme de main désabusé, prisonnier de sa mission (je n'en dirai pas plus), de ses tatouages et de son destin. On retrouve là un personnage proche par certains cotés de celui qu'il jouait dans The Indian Runner de Sean Penn.
La plongée au beau(sic) milieu de mafia russe londonienne, sombre et violente, fait froid dans le dos. un univers glauque et terrible où la violence crue est omniprésente.

Un film magistral.
kama té kama té putain con
Le haka improvisé de Byron Keheller sur le bus de son équipe après la victoire du stade Toulousain au championnat de France de Rugby (dommage pour Clermond)
29 juin 2008
The Goodfellas GONE bad ?
Une parodie des affranchis avec joe Pesci en Jean Michel Aulas, le président de l'Olympique Lyonnais : You Know who I am ? Motha'fucka ! (Merci à Fafa)
Aulas et Puel dans Les Affranchis
envoyé par Kal_57
pour tirer sa cramps ?!....
Le bon goût, on y revient toujours...
Bikini Machine
un groupe angevin, en souvenir d'un concert au Confort Moderne de Poitiers :
La fraction
La Fraction - Le Temps qui Passe
envoyé par rycko35
Le site officiel : ICI
28 juin 2008
Doom ou Sludge ?
Le crayonné préparatoire d'une peinture intitulée SLUDGE (voir Galerie) :
17 juin 2008
Du charme du portable
Fake ou pas ça fait réfléchir...
Merci à Jox
10 juin 2008
Le tango de Saint-Germain
Un autre vieux texte retrouvé au fond d'un carton :
Consciente de son pouvoir de séduction, Sandra McPherson descend gracieusement les marches qui conduisent à l’intérieure d’un cabaret parisien, ce soir de mars 1955. Elle tend son manteau de fourrure au jeune et efféminé préposé au vestiaire, qui s’empresse de la débarrasser avec de gradns gestes malhabiles. Elle congédie son chauffeur, qui la suivait jusqu’alors, et avance seule dans la salle, en se faufilant gracieusement entre les tables, avant de s’asseoir à l’une d’entre elles.
Aussitôt, une jeune fille court vêtue, aux jambes gainées de résilles, accourt pour lui demander ce qu’elle désire boire. Sandra McPherson commande un Pernod, puis fouille dans sa pochette et en sort un paquet de cigarettes américaines Chesterfield et un briquet doré, finement ouvragé. Elle allume une cigarette à la grande flamme de son briquet et expire la fumée par ses narines brièvement dilatées, dans une pose à la fois sensuelle et masculine. Ses doigts longs et fins se promènent sur la table et pianotent sur le bois usé. Ses ongles frappent la mesure d’un tango langoureux joué par quatre musiciens, coincés dans un recoin de la salle, plongée dans une quasi obscurité. La serveuse revient une carafe d’eau et le verre de Pernod à la main. Sandra ses sert un verre. L’eau se mélange lentement à l’anis.
Deux des entraîneuses, perchées sur des tabourets devant le bar, pérorent sur sa boisson qu’elles jugent indigne d’une femme du monde. Sandra le sent mais s’en moque. Il a bien longtemps qu’elle souhaite venir ici. Des années passées avec cette idée flottant dans les limbes de son cerveau, comme une tumeur bénigne attendant patiemment son heure.Sa cigarette se consume lentement, coincée entre son index et son majeur ; son esprit a oublié sa présence. Tout son être semble concentré dans son regard qui scrute péniblement le fond de la salle où l’orchestre joue des airs argentins dignes et tristes, caché derrière des danseurs de tango de pacotille tennant dans leurs bras des femmes qui pourraient être leurs mères. Les refrains sont les mêmes que ceux qui bercèrent jadis sa jeunesse à Buenos Aires bien avant qu’elle ne devienne une star de Broadway couronnée d’un pseudonyme yankee.
Ses yeux s’habituent lentement à l’obscurité. Elle peut désormais discerner les musiciens. Un grand brun dégingandé, au crâne chauve et à la moustache épaisse, agite ses longues mains le long d’une contrebasse au bois patiné. Derrière lui, presque caché, un blond, qu’elle ne distingue que de profil, joue derrière un vieux piano bar sur lequel une bière commence à s’éventer. Dans l’autre coin, un homme brun au visage grêlé, avachie sur une chaise à côté de sa guitare, s’amuse, la bouche grande ouverte, à modeler des ronds grâce à l’épaisse fumée de sa Celtique. Toutefois c’est au premier plan que son regard se pose ; là où un accordéoniste fait pleurer son instrument qu’il cajole pourtant sur ses genoux. Cet homme joue les yeux fermés et les bras grands ouverts. La sueur perle le long de son visage brun aux joues creusées. Quelques mèches se rebellent au sommet de son crâne, comme si elles voulaient se dresser une dernière fois contre une calvitie inéluctable. Sandra le fixe du regard jusqu’à la fin du morceau, sans pouvoir une seconde espérer s’en détourner. Une fois la composition terminée, elle saisit à nouveau sa pochette, sort un petit carnet et un stylo doré. Elle griffonne quelques mots sur une des pages du carnet, la déchire et hèle un garçon au bar.
L’orchestre continue de jouer. Elle patiente en caressant du bout des doigts la partie supérieure de son second verre de Pernod sans se soucier des lourds regards que deux hommes d’affaires portent sur elle. Deux quadragénaires qui l’amusent ; peut être s’imaginent-ils pouvoir la séduire avec leurs coûteux costumes et leurs montres clinquantes. Elle leurs jette un regard rapide et leurs sourit, de la même manière qu’on lui a appris à Broadway, quand il fallait se battre avec les producteurs pour décrocher un rôle. Les deux imbéciles succombent, persuadés d’avoir été de talentueux séducteurs. Cependant ils déchantent bien vite, car un homme vient s’asseoir à la table de Miss McPherson.
- Madame McPherson, articule l’accordéoniste avant de se planter devant la table, les mains dans le dos, à la manière d’un domestique.
-Assieds toi s’il te plait, dit-elle en relevant la tête et en écrasant une autre cigarette au fond du cendrier.
L’homme s’assied sans un mot, passe sa main dans ses cheveux épars et desserre le nœud de sa cravate qu’il venait juste de réajuster.
- Excuse moi je crève de chaud.
- Laisse moi te regarder Fernando tu…
- Non, ne dis pas de bêtise, j’ai beaucoup changé.
La main de l’homme se perd dans la poche intérieure de son costume noir bon marché, et réapparaît avec un paquet de cigarettes françaises et une boite d’allumettes. Il allume lentement sa clope sous le regard silencieux de la femme.
- Tu bois autre chose, demande-t-il, la cigarette collée au coin de sa lèvre inférieure.
- Un autre Pernod, … comme avant, tu te souviens… Buenos Aires, la chambre 18… ; dit-elle lentement, le regard fixé sur Fernando, avant d’être distraite par une présence soudaine entre eux deux ; un vendeur de fleur, un homme entre deux âges, très brun et trapu, portant une large chemise rouge et une paire de bretelles beiges et dont la partie inférieure de son visage est si bleue que sa barbe semble jamais cesser de repousser. Fernando répond à l’homme d’un signe négatif de la main. Celui-ci repart vers les autres tables, des fleurs plein les bras.
- C’est un réfugié espagnol, il est là depuis la fin de la guerre d’Espagne. Je n’ai jamais entendu le son de sa voix, il paraît qu’il ne connaît que le dialecte qu’il parlait chez lui, dans son village perdu des Pyrénées.
- Il ressemble aux dockers de notre enfance, quand tu m’accompagnais sur la jetée pour regarder les bateaux revenir d’Europe ou partir pour New York
Fernando ne répond rien. Il parcourt la sale du regard, des tentures vermillons aux spots lumineux dispensant une lumière jaunâtre et tamisée. Il en remarque même un dont l’intensité semble faiblir. Il faudra qu’il le signale au régisseur. Il reconnaît également les visages des clients habitués à venir perdre leurs nuits dans cette cave, et sourit malgré lui aux clins d’œil d’une des entraîneuses. C’est alors,qu’enfin, il se décide à rompre le silence, tout en s’appliquant à modeler la cendre du bout de sa cigarette au fond du cendrier.
- Qu’est-ce qui t’amène à Paris ? un spectacle ?
- Non… enfin, je vais peut-être y tourner un film dans quelques mois.
A peine a-t-elle prononcé cette phrase qu’elle la regrette déjà. Elle vient à Paris pour travailler, pas pour autre chose, pas pour lui.
- C’est vrai que tu fais aussi du cinéma. J’ai vu tout tes film tus sais, même le western ! dit-il la bouche entr’ouverte, les mâchoires enfin desserrées et un petit rictus amusé au coin des lèvres.
- Oh oui celui là… il n’est pas bien terrible.
- J’ai trouvé aussi.
- Tu m’as vu dans Othello…
- Je les ai tous vus, je viens de te le dire.
…
Un ange passe. Fernando bascule en arrière sur sa chaise, une jambe posée sur son genou. Il fume les yeux dans le vague sans jamais croiser le regard de son interlocutrice alors qu’elle le dévisage, les mains crispées sur la table, si fort que ses ongles semblent laisser une trace sur le bois usé.
- Il va falloir que je retourne jouer, souffle Fernando, tout en observant la montre dorée de leur voisin de table, la même qu’il avait possédé jadis, quand il avait du fric.
- Tu ne peux pas…
- Non, je ne peux pas dit-il avant même qu’elle puisse terminer sa phrase. Je n’ai que dix minutes de pose. Je ne roule pas sur l’or, moi !
Sandra marque le coup. Fernando s’en aperçoit et il s’en veut.
Il se lève, réajuste sa veste froissée et male coupée, puis rapproche sa chaise de la table.
Sandra se mord les lèvres comme une enfant capricieuse à laquelle on refuse une faveur. Elle murmure :
- Ca ma fait très plaisir de te revoir.
- Moi aussi Sandra, moi aussi… mais le tango n’attend pas, affirme-t-il en ajustant sa cravate.
- Je sais, je me rappelle…
- Tu te souviens aussi ce que les vieux disaient du tango, là-bas ?
- Non ? prononce-t-elle faiblement, les yeux baissés, observant ses doigts occupés à jouer nerveusement avec une de ses bagues.
- Que c’est la plainte du cocu…
La phrase reste en suspend au-dessus de table et semble aussi réelle que la fumée qui y stagne.
Il commence
à jouer, les yeux fermés comme toujours, car c’est son morceau préféré, le seul
qu’il estime avoir réellement composé, le seul qui lui a permis de gagner un
peu d’argent, son seul succès. Años de solidad. Alors il s’applique, il
fait vivre son piano à bretelle qui geint, crie, pleure, rit entre ses mains,
en espérant secrètement qu’elle comprendra ce qu’il ressent.
Malheureusement pour lui Sandra MacPherson n’est plus là, elle est partie rejoindre son monde de paillettes et d’honneur. Elle partie rejoindre ses amants et ses prétendants. Elle est partie rejoindre ses ambitions et ses rêves de gloire. Elle est partie rejoindre sa part de solitude.
02 juin 2008
Un mardi soir sur la terre
Un vieux texte écrit pour Outchi'Paï retrouvé en farfouillant dans mes fichiers...
Elle est là, juste en face de moi. Son regard fixe le bassin en inox, caché derrière le comptoir. Ses deux mains sont posées sur le bord de l’évier, les manches de son uniforme rouge remontées jusqu’aux coudes. Dans ses cheveux, un diadème de carton vermillon, orné des initiales du bar, la couronne reine du lieu. Derrière elle, un poste de radio émet une vieille chanson sucrée qui l’enveloppe et l’écœure.
Il y a bien dix minutes que je lui ai commandé mon double bourbon, mais, désormais, je n’en ai plus vraiment envie. Ma fureur s’est dissipée laissant la place à la langueur. Une vieille amie qui ne cesse d’aller et venir comme les vagues océaniques léchant les plages de l’Atlantique.
Je regarde mon glaçon fondre lentement dans le liquide ambré. A coté de moi, à deux tables de distance, des camionneurs taillent le bout de gras. De grands éclats de rire ponctuent leur discussion. On dirait les rois du monde.
La femme s’appelle Carole, je l’ai lu sur son badge fixé de travers sur sa poitrine. Elle feint d’ignorer les remarques des routiers qui, tour à tour, se retournent pour la mater de leurs regards obscènes.
La nuit est tombée depuis quelques heures et peu de monde se presse dans le bar. La femme est assise près de la caisse et elle réfléchi, penchée sur un magazine de mots fléchés. Elle mâchouille un vieux stylo publicitaire et griffonne avec, de temps à autre, quelques lettres sur le papier de mauvaise qualité du magazine. Ses yeux lui piquent. Les néons semblent l’agresser tout comme le monde extérieur. Le vert de son regard n’est plus autant éclatant qu’il y a vingt ans. Des ridules ornent le coin de ses paupières et des cernes, qu’elle ne cherche même plus à cacher, soulignent son mal être.
J’ai terminé mon bourbon. Les dernières gouttes me semblent bien plus savoureuses et cela d’autant plus que les camionneurs s’en sont allé. Sur leur table, un gros pourliche est offert en pâture aux yeux de tous. La serveuse s’en saisit maladroitement comme si elle vendait son âme au diable.
D’un geste, je lui demande un nouveau double bourbon. Une minute plus tard, elle me l’apporte et me sourit ; le même sourire qu’elle devait réserver à son gosse quand il était môme. Je profite de l’occasion pour lui commander à manger. Elle prend ma commande et s’éloigne. Sa blouse de nylon la serre un peu aux entournures mais sa démarche est encore souple et dynamique. C’est une belle femme.
Cette fois, le bourbon est avalé en trois gorgées. Un reste de glaçon s’est échoué au fond du verre. D’un geste du poignet, je le gobe et le croque longuement. Dans un coin du bar, une vieille femme s’installe avec son fils handicapé mental, un homme entre deux âges. Elle lui commande d’enlever sa casquette. L’homme débile rechigne puis s’exécute devant la promesse d’une coupe de crème glacée. La vieille femme me regarde. Gêné, je fixe la table et entreprend de grignoter ce qui reste de mon hamburger, en espérant ne pas l’avoir blessé.
Des échos d’une conversation proviennent du comptoir. Là bas, deux hommes discutent bruyamment autour d’une bière. L’un d’eux porte un débardeur où un loup hurle à lune tout en arborant fièrement le visage d’un vieil indien tatoué sur le bras. L’autre porte une vieille veste de cuir usée par dessus un jean crasseux et délavé. Leur conversation chemine sans fil directeur entre jeux vidéos, gros cubes et mérites comparées des tours de poitrines. Visiblement, les deux hommes tombent d’accord ; ils préfèrent les gros seins. Comme pour illustrer leur propos, l’un d’eux montre d’un signe de tête la silhouette de la serveuse qui vient de quitter sa caisse pour prendre la commande de trois nouveaux clients en train de s’attabler près de la sortie, à l’autre extrémité du bar. L’un des trois est un vieillard. Ses cheveux blancs et éparses sont plaqués sur son crâne luisant et couvert de tâches de vieillesse. Ses yeux un peu larmoyant brillent encore comme pour avertir qu’il est toujours alerte. Il commande un café pour lui et les deux autres hommes en pleine force de l’âge qui l’accompagnent. Puis, ils entament une conversation à voix basse comme si le vieux les confessait.
Le temps passe et la nuit s’égraine. Le bar se vide. Seuls restent encore le vieillard et ses deux acolytes et la vieille mère et son fils idiot. Ces derniers ne consomment plus depuis longtemps. La mère regarde son fils avec bienveillance en se moquant des regards extérieurs à leurs bulles de sentiments privilégiés. Elle aime ce fils de quarante ans au regards vague et bleu cristallin et au faciès vieilli prématurément occuper à frotter maladroitement une tâche de crème glacée qui macule son gilet de laine. Quant aux trois hommes, ils mangent tout en consultant les nombreux documents qui s’étalent devant eux sur la table. Le vieux leur donne des consignes et les autres acquiescent.
Il se fait tard. Il est même trop tard. Je me lève et compte
ma monnaie, puis je dépose la somme due dans la soucoupe posée sur la table.
Derrière moi, Carole, la serveuse, m’adresse un timide signe de tête tout en
luttant contre son envie de bailler. Le poste de radio ronronne toujours et mes
pas me guide de plus en plus vite vers la sortie. Arrivé devant la dernière
table, je sors un


